Sophomore de l’année 2025: Antwan Raymond (Rutgers, RB)

Nous décernons l’honneur de sophomore de l’année 2025 au porteur de ballon Antwan Raymond des Scarlet Knights de Rutgers. À sa deuxième saison dans le Big Ten, le Montréalais a explosé sur la scène nationale avec une campagne qui le place parmi l’élite du football universitaire américain.

HONNEURS 2025

  • Demi-finaliste au prix Doak Walker (top 10 national)
  • Deuxième équipe All-Big Ten (entraîneurs et médias)

La transition de l’ombre à la lumière s’avère rarement aussi spectaculaire. Raymond est passé du rôle de remplaçant prometteur en 2024 à celui de pilier offensif des Scarlet Knights en 2025, confirmant ce que plusieurs soupçonnaient déjà : le kid de Lachine possède quelque chose de spécial.

L’ÉCOLE MONANGAI

Pour comprendre l’ascension fulgurante de Raymond, il faut d’abord saisir l’importance de son apprentissage. En 2024, le Québécois évoluait derrière l’un des porteurs les plus respectés du Big Ten. Monangai, ce bourreau de travail qui allait devenir choix de septième ronde des Bears de Chicago, offrait au jeune Raymond un cours magistral quotidien.

« Je pense qu’il a été mis dans une position où il a grandi rapidement, » explique l’entraîneur-chef Greg Schiano. « Vous n’avez pas toujours la chance d’entrer dans une salle de réunion avec un vétéran comme Kyle Monangai… Si vous n’êtes pas assez mature ou assez affamé, l’opportunité peut simplement vous passer devant. Mais ce n’était certainement pas le cas avec Antwan. »

Cette maturité, Raymond l’a démontrée dès sa première année avec 457 verges et 8 touchés en 10 matchs, établissant le record de Rutgers pour les touchés d’une recrue. Mais son véritable test est arrivé au Rate Bowl, lorsque Monangai a déclaré forfait. Raymond a saisi l’occasion avec 113 verges et trois touchés, annonçant ce qui s’en venait.

UNE SAISON SOPHOMORE ÉCLATANTE

Les chiffres racontent une histoire dominante :

  • 244 portées pour 1 241 verges (moyenne de 5,1 verges)
  • 13 touchés au sol
  • 18 réceptions pour 225 verges et 2 touchés par la passe
  • 3e meilleur porteur du Big Ten
  • 8e meilleure saison de l’histoire de Rutgers

Mais au-delà des statistiques, c’est la constance qui impressionne. Raymond a marqué dans 10 matchs différents et dépassé la barre des 100 verges à quatre reprises. Sa polyvalence lui a permis de terminer deuxième du Big Ten avec 122,2 verges polyvalentes par match.

LE MATCH QUI A TOUT CHANGÉ

Le 9 novembre 2025 contre Maryland restera gravé dans la mémoire collective de Rutgers. Raymond a pulvérisé la défense adverse avec 240 verges sur 41 portées, égalant un record d’école. Ses 105 verges au quatrième quart ont scellé la victoire 35-20.

« Nous voulions établir le jeu au sol, » admet Schiano, reconnaissant toutefois ne pas avoir anticipé une charge de travail aussi massive pour son sophomore. Cette performance monumentale lui a valu le titre de porteur de ballon de la semaine Doak Walker à l’échelle nationale.

L’ÉVOLUTION D’UN COUREUR

Si Raymond a débuté la saison comme héritier de Monangai, il l’a terminée comme une force distincte. Son match contre Penn State en fin de saison a révélé cette transformation. Avec 189 verges sur 29 portées, nécessitant souvent plusieurs défenseurs pour être stoppé, Raymond a montré une nouvelle dimension physique.

« Il a vraiment couru avec autorité, » observe Schiano. « Je pensais qu’il était un porteur de ballon punitif ce soir-là. Il était un porteur violent. »

Cette évolution du style de jeu témoigne de l’adaptation du Montréalais aux exigences du Big Ten, l’une des conférences les plus physiques du pays. Raymond ne se contente plus de courir vite ; il impose sa volonté.

LA CULTURE RUTGERS

Le succès de Raymond s’inscrit dans un système qui a fait ses preuves. L’entraîneur des porteurs Damiere Shaw a bâti une véritable fraternité dans sa salle de réunion. « Coach Shaw fait un excellent travail de créer une vraie fraternité dans cette salle et ils s’encouragent mutuellement, » souligne Schiano.

Cette culture porte ses fruits. Trois saisons consécutives ont vu un porteur de Rutgers recevoir les honneurs All-Big Ten. La progression de Monangai vers la NFL – 783 verges et 5 touchés comme recrue en septième ronde – démontre que le pipeline fonctionne.

Raymond lui-même qualifie son prédécesseur de « workhorse, » un modèle qu’il suit désormais à la lettre.

LES DÉFIS SURMONTÉS


Passer de remplaçant à porteur principal représente un défi colossal. Raymond a dû gérer une charge de travail intense (244 portées) dans une conférence impitoyable où chaque adversaire étudie vos tendances, où chaque défense veut vous arrêter.
Il a également navigué dans les eaux troubles du portail de transferts, une époque où la loyauté semble optionnelle. Mais comme Monangai avant lui, Raymond a choisi de rester fidèle à Rutgers, annonçant son retour pour 2026 avec un message sans équivoque : « Unfinished Business. »

PERSPECTIVE PROFESSIONNELLE

Avec deux années d’éligibilité restantes avant le repêchage de la NFL en 2027, Raymond travaille sous le radar des grands tableaux de recruteurs. Mais son statut de demi-finaliste au prix Doak Walker – remis au meilleur porteur du pays – et ses performances constantes dans le Big Ten n’échappent à personne.

Le succès de Monangai prouve que Rutgers sait développer des porteurs pour le niveau suivant. Raymond bénéficie de cette infrastructure établie, du coaching de Shaw, et de la stabilité du programme de Schiano.

Face aux incertitudes du portail de transferts, Schiano reste confiant : « Nous avons vraiment de bons joueurs attachés à ce programme et je pense que nous avons les ressources pour rivaliser afin de les garder. »

L’IMPACT CANADIEN

Raymond ne marche pas seul à Piscataway. Entouré du demi de sûreté Jett Elad, du secondeur Dariel Djabome et des joueurs de ligne défensive Djbril Abdou-Rahman et Farrell Gnagno, il fait partie d’une colonie canadienne qui redéfinit l’identité de Rutgers.

Cette représentation québécoise massive dans un programme du Big Ten n’est pas un hasard. Elle témoigne de la vision de Schiano et de l’attrait qu’exerce le programme pour les talents canadiens.

MISSION INACHEVÉE

À 20 ans, avec une saison sophomore exceptionnelle derrière lui et deux années devant, Antwan Raymond possède tous les outils pour devenir une légende à Rutgers. Son choix de revenir plutôt que de tester le portail prouve qu’il comprend que les grandes histoires s’écrivent dans la durée.

Du quartier Lachine aux stades bondés du Big Ten, Raymond a parcouru un chemin remarquable. Mais comme il l’a lui-même annoncé, la mission reste inachevée.

Notre sophomore de l’année 2025 n’a pas fini de nous impressionner.

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