
Lorsqu’un joueur de première année réussit à décrocher un poste de partant dès le match d’ouverture dans le football universitaire FBS, c’est déjà remarquable. Quand ce match inaugural se déroule contre le Tennessee, classé 24e au pays, et que ce freshman conserve son poste pour 11 des 12 matchs de la saison, on tient quelque chose de spécial. C’est exactement ce qu’a accompli Antoine Deslauriers en 2025 avec les Orange de Syracuse.
Du Collège Laval à Syracuse
Originaire de Montréal, Deslauriers a joué cinq ans au football canadien au Collège Laval avant de prendre la décision audacieuse de s’exiler dans l’état de Georgie en 2023 pour jouer à Rabun Gap-Nacoochee School. Le défi était considérable: un terrain plus petit, 11 joueurs au lieu de 12, des espacements différents. Il devait s’adapter rapidement pour faire sa place.
L’adaptation a porté fruit. Après 72 plaqués et un championnat d’État en 2023, puis 135 plaqués en 2024, Deslauriers est devenu une recrue trois étoiles classée 18e meilleur secondeur au pays par ESPN. Des programmes prestigieux comme Notre Dame, Tennessee, Auburn et Oklahoma lui ont offert des bourses. Il a choisi Syracuse, attiré par la promesse de jouer immédiatement.
Un impact immédiat
Le secondeur québécois n’a pas attendu pour faire sa marque. Dès le camp d’entraînement, Deslauriers a impressionné le nouvel entraîneur-chef Fran Brown au point de ravir le poste de partant aux mains du vétéran Derek McDonald. Comme l’explique Deslauriers lui-même, il n’y avait pas de partant établi et une mauvaise pratique vous faisait descendre dans la hiérarchie. Deux jours avant le match d’ouverture contre Tennessee, il a appris qu’il serait partant.
Cette confiance s’est avérée justifiée. Avec 60 plaqués au total, dont 20 en solo, Deslauriers a terminé comme le deuxième meilleur plaqueur de l’équipe avec une moyenne de cinq plaqués par match. Il a également ajouté 2,5 plaqués derrière la ligne de mêlée, un sac du quart-arrière, deux échappés provoqués et deux passes défendues. Des chiffres solides pour un joueur qui découvrait le niveau FBS.

Son moment fort est survenu contre Clemson, où il a récolté huit plaqués et provoqué deux échappés (un par demie), dont un récupéré par Syracuse qui a mené au touché décisif. Cette performance lui a valu le titre de secondeur défensif de la semaine dans l’ACC. Contre UConn en prolongation, il a également scellé la première victoire des Orange avec des jeux clés en couverture.
Une lumière dans la tourmente
La saison 2025 de Syracuse n’a pas été celle espérée par les partisans. Avec une fiche de 3-9, les Orange ont connu des difficultés offensives et défensives tout au long de l’année. Dans ce contexte difficile, Deslauriers s’est démarqué comme l’un des rares points positifs de la défense.
Sa note défensive de 79,0 selon Pro Football Focus en témoigne éloquemment. Il s’agit de la meilleure note de l’équipe parmi tous les joueurs ayant participé à 80 snaps ou plus durant la saison. Contre Clemson, sa note défensive a atteint 82,5, illustrant sa capacité à performer contre les meilleures équipes de l’ACC. Pour un freshman évoluant dans une équipe en reconstruction, cette constance est d’autant plus impressionnante.
Une reconnaissance bien méritée
Les observateurs du football universitaire n’ont pas tardé à remarquer les performances du Québécois. On3, une plateforme majeure de couverture du football universitaire, l’a nommé dans son équipe All-America freshman. Cette distinction place Deslauriers parmi les meilleurs joueurs de première année au pays, toutes positions confondues.
Cette reconnaissance prend une dimension particulière quand on considère le contexte. Performer dans une équipe gagnante facilite souvent l’obtention d’honneurs individuels. Réussir à se démarquer dans une formation en difficulté démontre un talent authentique et une résilience mentale remarquable.
L’avenir devant lui
Pour ce qui est du niveau professionnel, il est encore tôt pour évaluer les perspectives de Deslauriers. Avec seulement une saison à son actif, les recruteurs de la NFL ne se sont pas encore prononcés publiquement sur son potentiel.
Cependant, son physique impressionnant (6’1", 235 lbs, développé-couché de 21 répétitions à 225 lbs, détente verticale de 39 pouces) et sa capacité à s’imposer comme partant dès sa première année constituent une base encourageante.
Derek White, son entraîneur à Rabun Gap, l’avait qualifié de meilleur secondeur du pays et avait prédit qu’il pourrait contribuer immédiatement n’importe où. L’entraîneur des secondeurs de Syracuse, Robert Wright, et le coordonnateur défensif Elijah Robinson avaient partagé la même vision lors du recrutement. Deslauriers a prouvé qu’ils avaient raison.

Ce qui est certain, c’est que Deslauriers a confirmé son intention de revenir à Syracuse pour la saison 2026. Son objectif sera de franchir le cap des 80 plaqués et potentiellement décrocher une mention All-ACC. Avec l’expérience acquise cette année et la confiance de son entraîneur, les années à venir pourraient voir Deslauriers devenir l’un des piliers défensifs de Syracuse.
Un choix évident
Pour le titre de freshman québécois de l’année 2025, Antoine Deslauriers s’impose comme le choix naturel. Son impact immédiat, sa constance tout au long d’une saison difficile et la reconnaissance nationale qu’il a obtenue font de lui le joueur de première année le plus impressionnant parmi les Québécois évoluant au niveau FBS.
À 60 plaqués, Deslauriers a déjà établi une fondation solide. Si sa progression se poursuit au même rythme, le football québécois pourrait bien avoir découvert son prochain grand secondeur de niveau FBS. Pour l’instant, il peut savourer cette première saison réussie et se préparer à franchir un autre niveau en 2026.
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